Alexandre – On the green road

  Alexandre « Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Gandhi.     Nom du projet : On The Green Road Quand ? Juillet 2012 à septembre 2013. Le projet en quelques chiffres : 14 mois, 18.000 kilomètres, 26 pays, 90 interviews, 140 heures de rush (documents vidéos tournés), 2 cousins, deux vélos et […]

 

Alexandre

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Gandhi.

 

 

Nom du projet : On The Green Road

Quand ? Juillet 2012 à septembre 2013.

Le projet en quelques chiffres : 14 mois, 18.000 kilomètres, 26 pays, 90 interviews, 140 heures de rush (documents vidéos tournés), 2 cousins, deux vélos et une soif de solutions écologiques.

Itinéraire On the green road

Le projet en version détaillée : Un documentaire traitant du rapport des pays émergents à l’environnement. Avec mon cousin, nous sommes partis à vélo pour découvrir des femmes et des hommes qui, confrontés aux réalités environnementales, s’engagent pour un avenir meilleur. De l’Asie à l’Amérique Latine, en passant par l’Europe de l’Est et le Moyen Orient, nous sommes allés à la rencontre de ces gens qui, avec peu de moyens, agissent pour une transition écologique. À travers des enjeux aussi divers que les déchets, la déforestation ou l’agroécologie, nous avons pris conscience que cette transition est possible, et déjà en marche.

Philosophie du voyage : Dormir chez l’habitant au maximum, et sinon dans la tente. Nous n’avons pas payé ni auberge ni hôtel pendant plus d’un an ! Il était également important pour nous de partir sans téléphone, ordinateur ni baladeur mp3. Nous voulions être connectés à notre environnement et nous désintoxiquer des nouvelles technos (utiles quand elles sont maîtrisées à bon escient) et de nos écrans (qui justement font écran avec la réalité et empêchent de la voir). A notre retour, on nous demandait « pas trop dur le retour à la réalité ? » mais j’avais l’impression d’être revenu davantage connecté et de revenir dans une société ayant perdue le sens des réalités les plus évidentes.

Seul ? Avec mon cousin.

Les raisons de ton départ : Le 4L Trophy avec Benjamin m’a fait prendre conscience que monter un projet était possible ; Des livres de voyageurs comme La marche dans le ciel de Sylvain Tesson et Alexandre Poussin m’ont amené à me demander « Pourquoi pas moi ? » ; Je suis sensible à l’écologie et attaché à la nature d’où l’idée d’un tour du monde à vélo.

A quel moment de ta vie professionnelle es-tu parti ? J’étais en école de commerce à Reims et j’ai choisi de prendre un an entre mon Master 1 et mon Master 2 pour réaliser ce projet. Cela concordait parfaitement avec la fin des études de mon cousin.

En combien de temps as-tu pris la décision de partir ? 1 an et demi.

Le budget total : 20 000 euros, soit 5€/jour/personne (principalement la nourriture).

A quel niveau de risque te places-tu (1 : Complètement irresponsable, je n’ai peur de rien; 2: Très souvent irresponsable, j’ai le goût du risque;  3: Je suis un aventurier responsable 4:Je me méfie énormément; 5: J’ai peur de tout) ? Ma réponse est à l’équilibre entre le niveau 1 et 3 ! Il faut savoir prendre des risques mesurés pour ce qui en vaut la peine et non pour la simple adrénaline. Je ne suis pas irresponsable, mais je pense qu’il faut oser prendre des responsabilités qui ne correspondent pas à un moule prédéfini. Mon besoin d’épanouissement passe par la réalisation de projets, et donc par la prise de risque. Un exemple de risque inutile ? Sûrement notre traversée de l’Asie centrale en plein hiver ! On était à vélo pendant un mois et demi sur la neige et le verglas, à pédaler sous -15°C pour nous prouver qu’on pouvait le faire.

Tu aimes : Les arbres et le vent.

Tu n’aimes pas : Ne pas respirer le grand air pendant toute une journée.

Ton livre : Je suis un grand fan de bouquins. J’hésite entre Fortune carrée de Joseph Kessel, Terre des hommes de Saint-Exupéry, Le dérèglement du monde d’Amin Maalouf ou La sobriété heureuse de Pierre Rabhi (philosophe paysan). Un savant mix d’aventure, d’analyse, de nature et de spiritualité.

Tu préfères avoir une jambe en mousse ou des dents en bois ? Des dents en bois, c’est trop stylé !!

 

Quels pays as-tu traversé ? France (Champ de Mars) – Allemagne – Suisse – Autriche – Slovaquie – Hongrie – Serbie – Croatie – Bulgarie – Turquie – Iran – Turkménistan – Ouzbékistan – Kazakhstan – Kirghizstan – Inde – Thaïlande – Laos – Cambodge – Viêtnam – Pérou – Bolivie – Paraguay – Argentine – Brésil – Espagne – France.

On the green road

Les langues que tu parlais avant de partir : Anglais et espagnol. Mais la langue principale est le regard, les signes, le sourire et l’intuition pour sentir le danger.

Votre rythme ? 100 km/jour après un mois d’adaptation.

Vous aviez l’endurance nécessaire avant de partir ? On est partis sans expériences particulières du vélo et sans endurance psychologique. On part du principe que « quand on veut, on peut » : au pire, notre voyage allait prendre plus de temps que prévu.

Conseil : A vélo, le plus important c’est le vent. Avant de partir je vous conseille de regarder les vents dominants et la topologie du terrain. Par exemple, nous avons pris garde à éviter la pampa en Argentine – un vent de face auquel on a goûté pendant quelques heures seulement, et qui nous a conforté dans notre décision !

On the green road

Thèmes abordés : La transition écologique à travers les barrages, les déchets, les forêts et l’agriculture.

Personnalités rencontrées : Responsables d’associations et d’ONG, chefs de communautés, ministres de l’environnement, entrepreneurs ou encore des agronomes.

Les rencontres étaient prévues à l’avance ? Non. On voulait se laisser guider par les coïncidences et les rencontres comme celle du ministre de l’environnement du Paraguay ! On réparait un vélo dans un atelier de bicyclettes et quelques heures plus tard, grâce au patron de la petite échoppe, nous étions en route avec le ministre vers le sud du pays (son fils, féru de 2 roues, est un de ses bons clients) ! Le documentaire couplé au tour du monde à vélo faisait son petit effet !

Vous dormiez où ? A partir de la Turquie, la tente a été délaissée au profit de nuits chez l’habitant et dans des lieux de culte. Mosquées, temples bouddhistes, églises, presbytères, temples hindouistes… on a toujours reçu un superbe accueil ! Pas mal de Couchsurfing (environ 50 nuits !) et du Warmshower (comme le couchsurfing mais pour les cyclo-voyageurs). On a aussi testé les ruines du château de Belgrade, une école coranique (loin du cliché véhiculé par les médias) ou encore un hôtel de luxe en construction surplombant le Mékong.

Quelle était la pire nuit ? Drôle de souvenir d’une nuit dans les Andes péruviennes. A plus de 4000 mètres d’altitude, on se retrouve dans une petite dépression alors que le jour décline. Avec le froid et les conditions, impossible pour nous d’envisager une nuit sous la tente, mais on était au beau milieu de nulle part. Il y avait bien un village sur la carte, mais la question était de savoir quand l’atteindre. Surprise quand, 20 km plus tard, on arrive dans un hameau ! On a peut-être dormi dans un poulailler à côté d’un lama dépecé et de cochons d’Inde mais on était bien contents d’avoir un abri pour la nuit !

Quelle est l’initiative qui t’a le plus marqué ? Saïd, un Iranien de 25 ans, qui a décidé que, pour le jour de son anniversaire, au lieu de souffler ses bougies, il replante dans sa ville, Tabriz, le même nombre d’arbres que son âge. Simple et profondément inspirant.

Tu aimerais le refaire ? Bien sûr ! Avec un itinéraire différent, pour découvrir de nouvelles régions !

Quelle est l’initiative qui t’a le plus impressionné ? L’énergie incroyable des porteurs de projets surtout ! Mais coup de coeur pour les initiatives de reforestation qu’on a visité. En Thaïlande, au Pérou ou en Bolivie j’ai été très touché par ces beaux projets qui contrastaient avec les scènes de déforestation qu’on a pu voir notamment à l’orée de l’Amazonie.

Poids de tes sacoches ? 25 kg.

Poids du vélo ? 20 kg.

Contenu de tes sacoches ? Peu de fringues (c’est pour ça qu’on était crades), chapeau, popote, 3 gourdes, bouteilles d’eau de réserve (le nombre variait en fonction des pays), serviette synthétique, caméra et appareil photo.

Le bon plan : ceinture avec un double fonds, pratique pour mettre l’argent !

Ton objet indispensable de voyageur : Une gourde !

Des découragements pendant le voyage ? Il y a évidemment eu des moments difficiles, mais notre détermination à accomplir le projet et à aller jusqu’au bout, ne nous a jamais quitté. Lorsqu’on réalise un rêve, on apprend à dépasser les baisses de régime.

Est-ce que tu aurais pu partir seul ? Je ne sais pas. Être avec mon cousin permettait de compenser nos humeurs. Et puis aussi, lui diplômé d’une école d’ingénieur et moi d’une école de commerce, on avait deux visions complémentaires sur les projets écologiques rencontrés et c’était enrichissant.

Très bonne surprise : Certainement la Thaïlande. Après avoir entendu les échos de voyageurs écoeurés par l’occidentalisation du pays et la prostitution omniprésente, nous comptions le traverser à toute allure. Et finalement, en évitant soigneusement le Sud et ses hordes de touristes, nous avons été très agréablement surpris par le Nord et l’Est thaïlandais. Voyager à vélo permet de voyager hors des sentiers battus, et nous avons pu nous perdre dans des rizières loin de tout « spot » touristique, en dormant tous les soirs dans des temples bouddhistes, en échangeant avec les moines… Une superbe expérience !

Le petit plaisir confortable qui t’a le plus manqué ? Un bon petit-déjeuner. Et, bien souvent aussi, une bonne douche chaude !

Problèmes liés au vélo ? Très peu. Nous avons eu notre première crevaison au bout de 10 000 bornes seulement !

Problèmes liés à la santé ? J’ai dû appeler mon médecin français une fois mais je ne sais même plus pour quoi, rien de grave. Autrement la trousse à pharmacie faisait l’affaire.

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris ? L’hospitalité orientale. Pendant trois mois on a quasiment pas eu à déplier la tente (Turquie et Iran notamment). En Iran, j’ai aussi été enchanté de la place de la culture dans le pays. Ils y vénèrent littéralement certains poètes. Il est même arrivé que des gens rencontrés dans la rue nous citent, après quelques minutes de conversation seulement, certains poèmes. C’est comme si en voyant un voyageur arriver en France, vous alliez à sa rencontre, lui déclamiez des vers de Victor Hugo puis l’invitiez chez vous pour passer la nuit !

Quel est l’animal qui t’a le plus marqué ? J’ai beaucoup aimé côtoyer l’amas et alpagas auprès des routes péruviennes, perchés dans les Andes. Il y avait si peu de présence humaine qu’ils s’y baladent souvent sur la route, qui est sans clôture. Et puisque nous arrivions à vélo, et donc en silence, nous les approchions souvent de bien près. Rencontrer des singes m’a aussi beaucoup touché, nos points communs sont véritablement troublants !

on the green road

Un « choc » écologique marquant : La déforestation en Bolivie, à l’orée de l’Amazonie. Alors qu’on traverse un sanctuaire de biodiversité, que partout les espèces animales et végétales foisonnent, voir cette beauté saccagée m’a retourné. Les arbres fraichement coupés ou brûlés, toute cette vie supprimée, cela m’a paru tellement absurde. D’un point de vue environnemental mais aussi économique : quelle perte de notre patrimoine commun, dont nous connaissons si peu ! Les services rendus par la forêt sont tellement nombreux qu’ils semblent invisibles, par exemple,le rôle climatique où les forêts stockent du carbone et régulent les climats locaux.

Pacha Mama - BoliviePacha Mama - Bolivie

Qu’est-ce que tu as vécu comme un baroudeur ? La traversée Delhi-Calcutta en Inde, à vélo, soit un axe les plus empruntés et les plus chaotiques!

Ton cadeau souvenir « de toi à toi » : Notre budget serré et nos contraintes de poids ne m’ont permis qu’un achat « extra » de tout le périple : un pull en alpaga bolivien.

 

Un remarque : L’Inde est une mosaïque de cultures incroyable : 2000 dialectes (la moitié de ceux parlés dans le monde entier !), 21 langues aux calligraphies différentes… Nous n’en avons eu qu’un léger aperçu !

Une anecdote : En Iran, nous sommes arrivés dans une école coranique pour passer une nuit. Un des profs, un mollah, est même la personne la plus hilare que j’ai jamais rencontrée ! Il n’arrêtait pas de se marrer, quel que soit le contexte ! Loin de l’image terrorisante que nous en véhiculent les médias.

Ecole coranique Iran

Une famille : La mienne qui est venue nous voir au bout de 9 mois 🙂

Une rencontre : Eric, un ami suisso-péruvien rencontré en Thaïlande et qui nous a accompagné pendant 3 semaines jusqu’au Laos. Après 8 mois passés à deux avec mon cousin, sa venue avait apporté beaucoup de fraîcheur à notre équipée !

Un message : Je suis parti pour voir comment on pourrait sauver la Nature, je suis rentré en me demandant comment on pourra sauver l’humanité. Faisons chacun notre part dans la transition écologique.

Une bonne surprise : La Serbie ! Au delà d’être un pays plein de bonnes boulangeries, de 4L (très important !) et de femmes superbes, c’est un des pays les plus sûrs qu’on ait traversé.

Une émotion : Planter un arbre. Pas pour son jardin mais dans un pays étranger, par pur altruisme. Pour la première fois, à Tabriz en Iran, ça m’a donné des frissons !

Un évènement : La Khumba Mela ! Lorsque nous sommes arrivés à Delhi, nous avons appris que notre itinéraire nous ferait passer par la Khumba Mela, le plus grand rassemblement religieux au monde. Hasard de temps, hasard de route ! Un événement rassemblant 105 millions de personnes, qui a lieu tous les 12 ans seulement, pendant un mois. Une expérience unique pour mieux saisir la spiritualité hindouiste, et l’incroyable diversité ethnique, culturelle de l’Inde.

Un pays : L’Inde, le pays des extrêmes, le pays de l’exaltation des sens. On nous avait prévenu : « l’Inde on l’aime ou on la déteste ». Mon impression fût bien plus contrastée. Parfois j’étais écœuré, parfois émerveillé – et ce en l’espace de quelques minutes. Ce pays, du moins le peu que j’en ai vu, est envoûtant.

Une phrase : « Est-ce que vous auriez un coin d’herbe pour poser la tente svp ? »

Une chute : Sous -15°C au Kazakhstan, dans une descente. On est tombés sur une plaque de verglas : heureusement qu’il y avait pas de bagnole derrière !

Une contradiction : En Ouzbékistan, les touristes sont obligés de dormir à l’hôtel … Ce n’était pas dans notre philosophie du voyage mais il fallait obéir à la loi donc on y a dormi une nuit sur trois.

Un pays enrichissant d’un point de vue écologique : Le Pérou.

Les implications sur ta vie après : Je prends un an de ma vie pour partager, auprès d’un public varié, tout ce que nous a apporté le voyage. A travers des expositions photos, des conférences et un documentaire nous voulons partager notre prise de conscience écologique, et celle des personnes que nous avons rencontré. Ensuite je souhaite m’investir dans le développement de projets de reforestation à travers le monde.

Il n’y a pas assez d’initiatives en France ? A mon retour je me suis rendu compte qu’il existait beaucoup d’initiatives autour de la transition écologique ainsi que dans l’entrepreneuriat social en France. L’innovation collective est à l’oeuvre ici, et ça me donne beaucoup d’espoir, bien que la marche à grimper soit haute. Je pense que l’Europe, et plus particulièrement la France, offre un terreau idéal pour expérimenter une véritable transition écologique. Nous avons une population globalement cultivée, une prospérité économique certaine, et des ingénieurs de haut niveau. Il ne manque plus que la volonté politique, la volonté citoyenne, pour fédérer autour de cet objectif vital. La France a une vocation universaliste, elle est à mi-chemin entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud. Si la France ne le fait pas, qui le fera ?

Next destination ? La Colombie, c’est un pays qui me fascine et où il y a de véritables enjeux forestiers.

 

Heures max. dans un bus : 0

Heures max. dans un train : 16

Jours max. dans un bateau : 2

Jours max. sans douche : 13

Nombre de kilos perdus : La graisse s’est transformée en muscles !

Nombre de crevaisons : 3

Nombre de roues : 0 (1 fois la roue s’est tordue mais un garagiste turc, véritable magicien, l’a réparée)

Nombre de mariages auxquels vous avez assisté : 2

Nombre de chutes : 2 (dont une sur une route verglacée, heureusement pas de voitures sinon on était cuits).

Nombre de km en un journée : une centaine en général, 187 pour notre plus grosse journée.

Lien du site internet : www.onthegreenroad.com

Contact : alexandre@onthegreenroad.com

 

 

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